Cécilia Breuil

Au départ de ma démarche est une fascination pour ce qui est aléatoire, pour ces formes qui, puisqu’elles sont produites par quelque chose qui s’approche de l’instinct (les mains n’étant qu’un intermédiaire) ne peuvent être que « parfaites ». Par des actes radicaux qui touchent à la performance, je cherche à apporter cette évidence à mon travail : mon corps est mis à contribution dans des séries interminables ou des pièces de grandes taille, la matière est poussée dans ses retranchements par l’exploration de sa plasticité, son séchage, son équilibre ; et puis je moule, je fais tomber, je casse, j’entasse, j’aligne, je dissimule. Je donne ainsi à voir une tension entre quelque-chose de très contrôlé et une grande part de hasard, aussi bien dans les formes que dans leur installation.

Cette dernière est capitale : l’espace faisant partie intégrante de l’exposition, il me semble indispensable de penser mes pièces in situ. Pour s’intégrer au mieux dans leur environnement, elles sont souvent minimalisées et tendent alors vers l’architecture, dans un compromis entre l’échelle du lieu et celle de mon corps. Mais je pense avant tout la mise en espace en considérant la présence du visiteur, en particulier sa circulation. Son corps et son regard sont contraints par les pièces qui le peuplent et proposent de multiples interactions : elles bloquent des portes, bouchent la perspective, accueillent, remplissent des vides, proposent de nouveaux points de vue ; elles sont à chercher, à escalader, à prendre en main, à manger.

Mon travail se situe donc au centre d’une relation complexe qui mets en jeu à la fois mon corps, l’espace d’exposition et le visiteur, il est un possible point de convergence entre ces trois notions qui permettent de le structurer. Ainsi soutenue, la pièce peut alors prendre son indépendance : elle s’autonomise, se déleste de son statut de forme pour atteindre celui de sculpture.


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